Vendredi 29 juin 2007


Il y a ces rêves..ni cauchemardesques, ni transportants, juste des rêves, des images.
Je parviens enfin à retrouver l'allée qui mène à ta villa. Une route de campagne, ensoleillée, légèrement pentue. En haut, un lacet à droite, puis, à quelques mètres, ta demeure. Les murs sont blancs, un peu de verdure...cette ambiance que l'on retrouve dans les maisons varoises, quand le temps semble arrêté, sous le soleil de plomb.
Il fait chaud..très chaud. Je suis là, je regarde, de loin, je ne m'approche pas. Je sais que cette propriété est la tienne, mais je ne m'en approche pas, je suis statique, seul mon regard parcourt les alentours, j'observe...non, je constate, impassible. il y a un garage fermé jouxtant la façade, côté gauche.
Puis, dans cette "aventure" d'une platitude terrassante, je me dédouble. Enfin, c'est une façon de parler ou plutot de rêver. Je suis toute à la fois à l'extérieur, placide et en même temps dans ton salon. Les murs sont épais, du crépis blanc, l'air est frais, une grande cheminée, des poutres apparentes au plafond, au sol un parquet en teck, une immense baie vitrée qui donne sur une pelouse. Et puis..rien. Pas un meuble, pas un bruit, tout est vide et silencieux, propre, pas un brin de poussière.
Je fais quelque pas, j'ouvre une porte, une femme de dos, non enfin... de profil, je ne vois pas son visage. elle est élégante, légèrement austère mais pas effrayante. Elle porte un appareil photo en bandoulière. Aux murs, des centaines de cadres, des toiles photo....blanches, vides de toute empreinte, immaculées. Je dis "vides" parce que c'est la sensation que j'en ai...comme si le fait de les avoir accrochées leur avait donné une troisième dimension, de la profondeur. Comme si le simple  geste qui avait consisté à les exposer leur avait conféré une dimension artistique, un statut d'oeuvre d'art, comme si le message prenait vie du fait de leur verticalité...
J'entame un dialogue dont les répliques seront entrecoupées de longs silences:
- que représentent ces toiles, elles sont de vous toutes ces photos?
La femme ne se retourne pas et répond:
- oui...
Moi:
- que représentent-elles?
La femme :
- Elle... sous tous les coutures. Je passais mon temps à La photographier, à témoigner.
Moi:
- Vous passiez? Est-Elle partie?
La femme:
- Oui, Elle est partie..vivre.
Moi:
- Vous parvenez tout de même à demeurer encore ici? Sans Elle? N'est-ce pas trop...difficile?
La femme:
- Non, Elle est tout autour de moi, regardez...toute Sa vie est avec moi et toute Sa vie avec moi est là également.
Moi:
- Pardonnez-moi ce que vous pourriez interprêter comme une indiscrétion, une maladresse, de l'incorrection ou que sais-je encore mais...ces photos, ces toiles sont.. blanches, vides..
La femme:
- C'est exact.

Fin du premier rêve.
par Catharsis publié dans : Célia
 

Humeur musicale


J-S Bach:CelloSuiteN°1 en GMaj BWV_1007(Prelude) by YoYoMa


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